[Télécharger le rapport de la commission]
Investir pour l’avenir. Parce qu’il faut en finir avec la litanie des mauvaises nouvelles, avec cette vilaine paresse qu’est l’acceptation du déclin. Un rapide inventaire des forces de la France prouve ses potentialités.
Investir pour l’avenir. Parce que nous avons confiance. Et parce qu’il faut réapprendre à voir large et loin : ceux qui se laissent écraser par la tyrannie du court terme sont condamnés à toujours réagir au lieu d’agir, à toujours saupoudrer au lieu de choisir, bref à toujours subir.
L’heure est venue de nous mobiliser. D’autres avancent quand nous en sommes encore à vitupérer l’époque. L’urgence justifie l’action, pour au moins trois raisons :
– la crise, qui bouleverse les repères et bientôt les hiérarchies ;
– les atteintes à l’environnement, qui d’ores et déjà menacent les grands équilibres auxquels nous devons la vie ;
– l’accélération du progrès technique : de plus en plus, il divise les pays en deux catégories, ceux qui inventent et ceux qui copient. On glisse facilement de la première à la seconde ; si la France veut demeurer parmi les bâtisseurs d’avenir, elle doit s’en donner, vite, les moyens.
La croissance doit suivre d’autres chemins que ceux d’hier. D’autres besoins se font jour, notamment celui de mieux respecter notre planète, celui de toujours plus miser sur la connaissance. Il faut redonner du sens au progrès. La société doit tirer son dynamisme d’autres moteurs, plus sobres, d’autres consommations, moins boulimiques. Elle doit aussi prendre soin des femmes et des hommes fragilisés par les changements permanents, ces ajustements nécessaires qui sont la marque violente de notre temps.
À l’aune de ces défis, la France peut faire mieux.
Les usines de demain ne seront pas celles d’hier : elles seront, elles aussi, tissées d’immatériel et de connaissances. Mais comment avancer dans la connaissance si on perd peu à peu la passion de la science ? Pourquoi sommes-nous si bons dans la recherche et si faibles dans sa valorisation ? Pourquoi tardons-nous tant à mettre en oeuvre l’inéluctable : l’adaptation des villes aux nouveaux enjeux environnementaux ?
La crise a renforcé le rôle des États nationaux. Mais gardons-nous d’oublier l’Europe. Dans bien des secteurs, aucun progrès ne sera possible sans coopération avec nos partenaires européens. L’Europe est notre cadre d’action, notre seul moyen d’exister comme puissance.
Ce rapport a une ambition : aider à l’indispensable transition vers un nouveau modèle de développement, plus durable.
Après des dizaines d’auditions, il propose des priorités. Il suggère aussi des méthodes pour employer au mieux le moindre euro recueilli. Il n’a pas la prétention de vouloir répondre à tout, ni de savoir comment soigner tous les maux de notre vieille nation. Mais il affirme et réaffirme que la lucidité aujourd’hui, en même temps que notre seul choix, c’est la confiance.
Il y a deux façons de mal préparer l’avenir : accumuler les dettes pour financer les dépenses courantes ; mais aussi, et peut-être surtout, oublier d’investir dans les domaines moteurs.
Les investissements que nous proposons doivent être au seul service des générations futures. Ils n’ont qu’un objectif, constituer un mode d’emploi pour permettre aux jeunes de défendre leurs chances et les chances de la France dans le monde de demain.
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